Le contenu de cette page a été rédigé en collaboration avec Les Dévalideuses.
Le validisme est un système d’oppression vécu par les personnes handicapées du fait de leur non correspondance aux normes (bio)médicales établissant les termes de la validité, c’est à dire ce qui est attendu d’un corps humain pour qu’il soit considéré comme valide. C’est l’ensemble des préjugés et comportements discriminants auxquels iels font face.
L’idéologie validiste veut que les corps non correspondants, jugés handicapés, aient moins de valeur et soient naturellement considérés comme inférieurs, justifiant ainsi les préjugés et les discriminations subis.
Un propos ou comportement validiste est un propos qui positionne la personne porteuse de handicap (visible ou invisible) en situation d’infériorité – majoritairement sans connaissance des besoins de l’autre -, et donc en position discriminable.
Quelques chiffres
- 13 à 14 millions de personnes handicapées en France, soit 20% de la population.
- 80% des handicaps sont dits « invisibles », tels que la surdité, l’autisme, les douleurs chroniques, les troubles psy (bipolarité, schizophrénie, dépression, etc), les troubles cognitifs (dyspraxie, dyslexie, etc)…
Tu es validiste, quand :
- Tu rejettes une personne, à cause de son handicap, que ce soit conscient ou inconscient.
- Tu victimises des personnes porteuses de handicap, par exemple, par une assistance non-sollicitée, ou tu les prends en pitié.
- Tu les considères comme courageuses ou inspirantes pour des situations de vie simples que tu ne relèverais pas sinon.
- Tu les infantilises dans ta manière de parler, d’expliquer les choses, de montrer, de rigoler…
- Tu ne prends pas en compte les discriminations systémiques auxquelles les personnes porteuses d’un handicap font face : accès limité à l’éducation, à l’emploi, à la sexualité, exclusion de nombreuses communautés…
Liste de choses à ne pas faire / à ne pas dire :
- Ne présuppose pas du handicap d’une personne. On peut être handicapé·e de multiples manières, que ce soit visible ou non au premier abord.
- Ne pense pas qu’une personne handicapée veuille guérir à tout prix. Il y a d’autres objectifs dans la vie.
- Évite de parler de personnes “souffrant” de tel ou tel handicap. On est touché·e ou atteint par un handicap ou une maladie, c’est déjà bien suffisant.
- Si tu n’es pas concerné·e, n’occupe pas une place réservée aux personnes à mobilité réduite, tels qu’une place de parking, une place dans le bus, des toilettes.
- Ne suggère pas de thérapie alternative ou de solution “miracle” ; si le jus d’aloe vera et le yoga guérissaient tous les maux, ça se saurait !
- Ne considère pas une personne handicapée comme un sujet de charité. Ne viens pas lui dire que tu as donné au dernier Téléthon,
- Ne pense pas qu’à cause de son handicap, une personne attend désespérément qu’on vienne la draguer ; elle a probablement déjà une vie sentimentale ou sexuelle.
- Évite de sur-valoriser saon partenaire, comme si c’était une relation à sens unique. Ce n’est pas parce qu’on est handicapé·e qu’on n’a rien à offrir.
- Évite de croire qu’un handicap m’empêche d’avoir des ambitions, des projets d’études, de voyage, d’enfant, ou de sport extrême.
- Évite de croire que son travail est juste un passe-temps : iel a des factures à payer mais ne reçoit pas forcément l’Allocation Adulte Handicapé (qui est d’ailleurs située en dessous du seuil de pauvreté) !
- Ne touche pas au fauteuil roulant et autres aides techniques (canne, prothèse, etc) sans le consentement express de la personne concernée !
Handicap et intersectionnalité
Du fait de son identité plurielle, une personne handicapée peut subir d’autres types d’oppressions systémiques.
Ainsi, les personnes sexisées subissent d’autant plus de violences sexuelles et sexistes si elles sont aussi porteuses d’un handicap. Selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, 16 % d’entre elles ont été victimes de viols, contre 9 % pour l’ensemble des femmes en France. Par ailleurs, 90 % de femmes ayant un trouble du spectre de l’autisme déclarent avoir subi des violences sexuelles, dont près de la moitié avant l’âge de 14 ans.
Plusieurs études montrent que la douleur des femmes et des personnes racisées est minorée par le personnel médical. S’en suit des différences de traitement, avec de mauvais diagnostiques ou des refus de prises en charge pouvant parfois amener au décès. De même, les personnes grosses consultant pour des douleurs diverses subissent de la grossophobie médicale et la seule solution proposée est souvent de perdre du poids. Par conséquent, de nombreuses personnes ayant un handicap peuvent se retrouver en errance médicale et attendre de nombreuses années avant d’avoir un diagnostique, ou même ne jamais en avoir. Par exemple, l’autisme est détecté bien plus tardivement chez les femmes et les personnes racisées.
A cela s’ajoute un matériel mal adapté : les médicaments non testés sur les femmes les brassards de tensions trop petits pour les personnes grosses ou les outils de diagnostique testés sur des peaux blanches et donc moins fiable sur les autres couleurs de peau. Les oppressions systémiques ont un réel effet sur la qualité des soins médicaux, effet d’autant plus important pour les personnes handicapées qui nécessitent un suivi médical adapté.
Ces oppressions systémiques ne font pas que s’additionner : elles se combinent et se renforcent pour créer de nouveaux mécanismes oppressifs spécifiques.
Pour approfondir le sujet
Il existe de très nombreuses autres ressources sur le net. En voici une petite sélection :











